Mémorandum de la FEB : un projet rétrograde et socialement injuste


Hier, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) a rendu publiques ses propositions pour la prochaine législature. Non content d’avoir obtenu de nombreux cadeaux et d’avoir pu dicter les réformes socialement injustes et inacceptables adoptées ou encore envisagées (suppression des barèmes et dégressivité accélérée des allocations sociales) par le Gouvernement MR/NVA, la FEB souhaite poursuivre son projet de destruction sociale.

Sous un slogan ultralibéral (Less is more), la FEB continue de vouloir diminuer la protection sociale et la qualité des conditions d’emploi et de rémunération des travailleurs tout en augmentant les dividendes des actionnaires et le profit des grosses entreprises.

Ce catalogue des horreurs comprend entre autres les mesures suivantes :
-  Suppression de l’index
-  Fin de la liberté de négociation via une loi salariale plus contraignante et l’immixtion du gouvernement dans le dialogue social
-  Suppression de la barémisation
-  Flexibilité exacerbée comprenant la possibilité de prester plus d’heures supplémentaires, plus de travail de nuit
-  Encadrement plus strict du droit de grève et la fin des garanties légales protégeant les libertés syndicales
-  Loi Renault (restructuration) remodelée permettant de licencier plus facilement des milliers de travailleurs
-  Limitation dans le temps des allocations de chômage
-  Diminution des cotisations patronales et de l’impôt des sociétés
-  Nouvelles coupes budgétaires drastiques dans les budgets des services publics

À l’heure où les négociations relatives à la conclusion d’un AIP sont au point mort, les propositions émises par la FEB rendent impossible toute discussion dans un climat serein. Ces propositions qui interviennent également à l’aube d’une grève nationale contribuent à détériorer davantage le climat social. Ce qui s’apparente à une véritable « déclaration de guerre politique » n’aboutira qu’à accentuer la colère des travailleurs et plus largement des citoyens.

Pour la FGTB, il n’est plus acceptable que certains, très largement minoritaires, bénéficient de mesures politiques favorables pendant que la majorité n’arrive plus à joindre les deux bouts.

La FGTB avertit également les partis politiques. En aucun cas, les propositions socialement injustes et rétrogrades de la FEB ne pourront guider l’action politique des futurs gouvernements.

Alors que les inégalités ne cessent d’augmenter, que la pauvreté atteint des sommets inacceptables, et que les travailleurs vivent de plus en plus difficilement, la FGTB réclame plus de justice sociale.

Pour la FGTB, il est temps de rompre avec ces vieilles recettes néo-libérales qui ont prouvé toute leur inefficacité. Nous plaidons pour un pouvoir d’achat retrouvé, une justice fiscale et une transition écologique et digitale qui ne laisse personne sur le côté.

Pour porter ce changement et donner un signal clair au monde politique et patronal, la FGTB réitère son message de grève nationale pour ce 13 février et appelle l’ensemble des travailleurs à exiger du respect.