La concertation sociale quand c’est possible, l’action syndicale quand c’est nécessaire


Le 5 octobre, la FGTB a convoqué un Comité fédéral placé sous le signe de la mobilisation générale contre le casse social opéré par la N-VA, l’Open Vld, le CD&V et le MR. Cette instance de la FGTB, composée de la direction générale de la FGTB, de représentants et délégués de toutes les centrales professionnelles et de sections régionales, a mené un débat sur la stratégie syndicale à développer face à la politique socialement injuste du gouvernement Michel. Ceci, après le grand succès de notre journée d’action en front commun syndical de ce mardi 2 octobre. Lors d’une prochaine réunion de notre Comité fédéral, nous prendrons des décisions sur les modalités de notre mobilisation, notre plan d’action et notre stratégie syndicale.

L’opposition sociale et l’action syndicale restent nécessaires, sous quelque forme que ce soit.

Mardi, des dizaines de milliers de militants, venus de tout le pays, ont traduit l’appel de la grande majorité des Belges en faveur d’une politique de pensions socialement juste. Nous avons manifesté pour des pensions décentes prises à un âge raisonnable, pour un régime humain et digne pour les travailleurs qui effectuent un métier lourd, pour des régimes de sortie réalistes et des carrières faisables ainsi que pour un financement solide de notre sécurité sociale. Nous continuerons à nous battre pour y parvenir et pour ce faire, nous comptons aussi sur la concertation sociale.

A ce jour, force est toutefois de constater qu’il y a peu de disposition dans le chef des organisations patronales à mener un dialogue constructif. Le cadre dans lequel le gouvernement Michel nous place, en tant que représentants des travailleurs, est tout simplement inacceptable. En effet, au travers de ce cadre, les pensions sont utilisées comme simple variable d’ajustement budgétaire et ce dans une perspective d’austérité. En outre, cette loi met oppose les travailleurs entre eux. Ils opposent les travailleurs des services publics aux travailleurs du privé, les jeunes aux plus âgés, etc… Nous exigeons dès lors une révision profonde de cette loi.

Le Comité fédéral souligne également l’importance des moyens d’action syndicaux, ce sans quoi nous donnerions carte blanche aux employeurs et aux politiciens pour poursuivre la casse sociale. C’est pourquoi, nous demandons qu’il soit mis un terme au fait que des membres de la FGTB soient traités comme des criminels et pourchassés simplement parce qu’ils ont donné suite à un appel de la FGTB à participer à une action. Nous refusons également que le pouvoir judiciaire, sous guidance politique, se serve du code pénal pour pouvoir poursuivre des participants à une action syndicale.

Hier, le 4 octobre, la FGTB a entamé la procédure devant la Cour d’appel d’Anvers contre la condamnation du président de la FGTB de la région d’Anvers par le tribunal correctionnel d’Anvers. Ce dernier avait été accusé, fin juin, « d’entrave méchante à la circulation » au port d’Anvers dans le cadre d’un piquet de grève lors d’une grève nationale organisée le 24 juin 2016. En tant que FGTB, nous avons interjeté appel de ce jugement qui est totalement injustifié.

A Liège aussi, 17 syndicalistes, délégués et responsables syndicaux, comparaissent devant le tribunal correctionnel pour une soi-disant « entrave méchante à la circulation ».

Là encore, nous avons affaire à une énième attaque contre le droit de grève, contre d’autres droits démocratiques (comme la liberté d’expression) qui sont pourtant garantis par la Cour européenne des Droits de l’Homme. Ceci, alors que le gouvernement a l’obligation de garantir l’exercice de ces droits fondamentaux et de les favoriser. Nous répétons avec force que la FGTB restera au premier plan pour s’opposer au bâillonnement de la société civile, s’opposer au fait que nos valeurs démocratiques sont vidées de leur substance ainsi qu’au rabotage des moyens d’action des représentants des travailleurs.