L’équipe de Spanolux


Etre délégué(e) au quotidien

Ce trimestre, nous avons rencontré Serge, Carlos et Steve de l’entreprise Spanolux SA de Vielsalm., Ils font partie d’une équipe syndicale de 9 délégués FGTB pour la Centrale Générale. Ils ont accepté de partager leur vécu, l’organisation de leur équipe et leur motivation au quotidien.

Pourriez-vous nous présenter brièvement votre entreprise, votre équipe syndicale et les mandats que vous occupez ?

Notre entreprise, Spanolux, est basée à Vielsalm, 275 ouvriers et 50 employés y travaillent. Elle est composée de deux grands départements. Le premier réalise la production de MDF (Medium Density Fibreboard), ce sont des panneaux à base de fibres de bois. Ce type de panneau brut est ensuite utilisé pour la production du deuxième département de l’entreprise où l’on fabrique du stratifié (imitation de parquet).

En ce qui concerne notre équipe syndicale, nous pouvons dire qu’elle est soudée, nous sommes solidaires les uns des autres. Cela va déjà faire deux mandats que nous sommes presque tous réélus hormis un ou deux nouveaux en plus depuis les dernières élections sociales de mai 2012.

Nous avons gagné les dernières élections sociales. Nous avons 4 mandats FGTB contre 2 CSC (4 mandats ouvrier pour la FGTB - 1 ouvrier CSC + 1 mandat employé CSC).

Notre équipe syndicale est donc composée comme ceci : Délégués Effectifs : Serge Maréchal, Carlos Diaz, Mohamed Al-Assi, Jérôme Lefebvre, Steve Masson. Délégués suppléants : Valéry Syben, Grégory Parmentier, Alex Krings, Jean-Paul Quoilin

Quel est le fonctionnement de votre équipe en matière de répartition des tâches, présence aux réunions, chacun a-t-il sa spécialité ?

Nous faisant des réunions préparatoires mensuelles, tous ensemble, afin d’aborder et traiter les points qui seront vus en réunion avec la direction. Il n’y a pas vraiment de répartition des tâches, quand il y a un problème tout le monde est mis au courant. C’est le délégué qui est en poste au moment où le problème se pose qui va aller défendre les droits du ou des travailleurs concerné(s). Si personne ne travaille au moment du litige, on appelle ceux qui ont plus facile à défendre le point litigieux.

Quelles sont les demandes les plus courantes des travailleurs ?

Accompagner et défendre les travailleurs devant la Direction lorsqu’il y a un souci. Aider à remplir les papiers chômage est aussi une demande très régulière.

Quels sont les outils dont vous disposez pour faire votre travail de délégués ? (Afin de vous défendre, pour donner une information, etc) ?

Quand on commence en tant que délégué, on se réfère aux formations suivies, aux textes de lois et on consulte le permanent syndical. Avec l’expérience, à force d’aller au conflit, on connait de plus en plus de choses, on devient plus compétent, cela devient une habitude.

Il faut dire que les problèmes sont généralement récurents. Quand il y a une demande nouvelle ou jamais rencontrée, on va à la rechercher de la solution ou de la réponse a apporter. Avec le temps, on devient de plus en plus capable de se défendre soi-même.

Il faut aussi faire avec une pression toujours de plus en plus forte envers les travailleurs et délégués . Nous devons pour cela devenir nous aussi de plus en forts. Nous sommes conscients que la loi protège les travailleurs mais il faut aussi pouvoir la faire respecter ! Nous sentons qu’il y a toujours cette peur qu’ont les travailleurs de perdre leur emploi vu la pression mise et par ce fait certains n’osent pas bouger. C’est dans ce cas qu’il faut rappeler fermement que c’est tous ensemble que nous sommes forts et que nous devons bouger pour faire changer les choses ou faire respecter nos droits.

En quoi cela change le quotidien d’être devenu délégué en entreprise ?

Etre délégué c’est avoir un deuxième boulot en parallèle à notre travail en pause. Nous sommes contactés à n’importe quel moment car, bien entendu, les travailleurs ne peuvent pas continuellement connaître les horaires que nous faisons. Ce qui a changé aussi lorsque l’on devient délégué , c’est d’aller à la rencontre des gens dans l’entreprise alors qu’avant nous étions attitrés à une machine et on ne bougeait pas. Quand on est délégué on a un « statut » officiel de représentant des travailleurs. On est élus. Nos revendications représentent les avis des travailleurs et camarades que nous représentons.

Etre délégué c’est aussi accepter que ce travail soit aussi un peu ingrat. Tu t’investis dans cette tâche mais il ne faut pas systématiquement s’attendre à un merci en retour. De plus, beaucoup de gens pensent encore que l’on est payés pour ce travail, ce n’est pas vrai, quand on est délégué ça coûte (en facture de téléphone par exemple !). Par contre quand on rencontre des collègues à l’extérieur de l’entreprise qui te saluent car il te connaissent en tant que délégué, cela fait plaisir.

La défense des droits des travailleurs chez Spanolux ?

L’idéal est le dialogue et la négociation. La solution à un problème peut se trouver s’il y a une écoute constructive et un respect de chacune des parties.

Les combats chez Spanolux ?

Au début de nos mandats, une des choses qui ont été obtenues est l’assurance hospitalisation pour les travailleurs. Nous pouvons aussi parler de l’euro supplémentaire obtenu sur les chèques repas , (c’était une demande des travailleurs) alors qu’au niveau sectoriel cela n’est pas prévu. Nous sentons bien qu’avec le temps nous ne nous plions plus face à la direction, on apprend à dire non. Nous existons et elle doit faire avec. C’est aussi en rencontrant d’autres délégués d’entreprise en formation que l’on apprend en partageant nos vécus. Par exemple, avant, le secrétariat du CE était tenu par la direction alors que dans d’autres entreprises cela n’était pas le cas. Nous avons donc fait changer les choses, maintenant c’est l’équipe syndicale qui fait le secrétariat du CE.

D’autres choses a ajouter ?

L’entreprise vient d’être reprise par le groupe IVC, cela signifie un changement de direction. Nous devrons donc être particulièrement attentifs dans les temps à venir.