L’équipe de Ferrero


Etre délégué au quotidien.

Nous avons rencontré Christiane, Annie, Bouzid, Raynald, Jérémy et Franco, délégués Ferrero à Arlon.

Pouvez-vous nous présenter en quelques mots votre entreprise et votre équipe syndicale ?

Je suppose qu’il n’est pas utile de présenter notre entreprise, très connue dans notre province et au-delà, mais on peut tout de même dire que nous comptons 450 ouvriers en CDI et à peu près 300 ouvriers saisonniers. Ces derniers ne sont pas en intérim, mais ont des contrats Ferrero avec des périodes bien déterminées. Au niveau des employés l’effectif est de 88 personnes.

Par rapport à notre présence syndicale , nous comptons :

-  5 mandats en DS (1 pour la CSC)

-  3 mandats en CE ( 3 pour la CSC)

-  3 mandats en CPPT (3 pour la CSC)

Comment votre équipe fonctionne-t-elle, comment vous répartissez-vous le travail ?

Nous privilégions au maximum le travail d’équipe, mais le travail posté (3x8) nous à conduit à mettre au point des systèmes de communications, simples et efficaces, entre les délégués des différentes pauses. Bien sûr, le mieux est de se voir en direct mais ce n’est pas toujours possible. Nous avons un local syndical équipé d’un PC et d’une connexion internet, et nous communiquons par mails. Nous laissons aussi, c’est simple mais ça marche bien, des messages sur le tableau mural ! Et bien entendu, nos téléphones ne chôment pas. Nous profitons également des réunions préparatoires avant les CE et les CPPT pour échanger un maximum d’informations.

Et quand les gens veulent vous voir, vous poser des questions, comment font-ils pour rencontrer un délégué s’il n’y en a pas un dans leur pause ou sur leur ligne ?

Un système de permanences est instauré. Il s’en tient trois par semaine : le mardi et le mercredi de 13 h à 15 h pour les équipes du matin et de l’après-midi et le mercredi matin de 05 à 06 heures pour le personnel de nuit.

Pour quelles raisons les gens viennent-ils vous trouver en général ?

Nous sommes interpellés pour des questions qui recouvrent des domaines très variés. Bien sûr, nous ne connaissons pas toujours la réponse immédiatement. Il faut donc aller à la chasse à la bonne information. Il faut mettre les gens en confiance et ne pas répondre n’importe quoi. Même si nous sommes bien épaulés par notre centrale, cela demande des recherches, du travail.

D’autre part la manière dont Ferrero fonctionne induit du chômage économique tout au long de l’année. Les travailleurs ont donc souvent des questions/soucis, par rapport aux indemnisations, aux documents à remplir. Nous les aidons à s’y retrouver, à vérifier que les papiers sont correctement remplis. Lorsque le problème est plus complexe, nous bénéficions de l’aide efficace de Francesco au service chômage de la FGTB Luxembourg.

Nous sommes également appelés à intervenir lors de conflits entre un responsable et un ouvrier … voir entre ouvriers. Cela nécessite de la diplomatie et de la discrétion ! Cette partie de notre travail, non négligeable, n’est connue que des intéressés.

La sécurité sur les lieux de travail est bien entendu une de nos grandes préoccupations. Nous connaissons nos machines, nos lignes, les gens font appel à nous pour nous signaler les choses dangereuses, et nous relayons toutes ces informations en CPPT.

Enfin, il y a évidement le travail en DS et les réunions en CE et CPPT, qui demandent de la préparation. Bref, on ne chôme pas !

On voit que vos responsabilités sont importantes et couvrent de nombreux domaines. Quels sont les outils mis à votre disposition en tant que délégués ?

Pour les gens dont c’est le premier mandat, la chose la plus importante est de bénéficier de l’expérience des anciens. Le boulot de délégué est compliqué, et être ainsi épaulé est très précieux, surtout les premiers mois, les premières années. Par exemple Pasquale, délégué de longue date maintenant prépensionné mais toujours présent en tant que bénévole, nous donne souvent des conseils avisés.

Notre permanent, Patrick, est ouvert et toujours disponible.

Enfin, nous bénéficions de brochures, sites internet … où aller chercher de l’info, et des formations interprofessionnelles qui sont très intéressantes, enrichissantes, et qui nous permettent de rencontrer des délégués d’autres secteurs, d’appréhender d’autres réalités.

En quoi cela change le quotidien d’être devenu délégué ?

Eh bien d’abord c’est plus de travail ! Même de retour à la maison il reste souvent des choses à régler, des coups de téléphone à donner, de l’information à chercher.

Les centres d’intérêts changent également. Comme par exemple s’intéresser à la politique, lire la presse plus attentivement, ne plus regarder les mêmes choses à la TV. Le fait d’être délégué permet aussi de connaître d’autres personnes qui ne sont pas spécialement sur votre pause et avec lesquelles on a des contacts par les services qu’on leur rend , c’est très intéressant. Nous avons une vision plus globale du site et des différentes réalités que les gens vivent au sein de la même usine.

Les formations nous permettent d’être au courant de pas mal de choses qu’on ne savait pas auparavant. Par exemple on peut mettre les gens en sécurité grâce à nos interventions.

Dans notre vie privée aussi on nous dit qu’on voit bien que l’on est délégué(e) syndical(e). Dans les maisons où il y a une femme déléguée les vaisselles sont mieux réparties ! (Rires).

On a un discours qui change, qui s’affirme. On ressent mieux l’importance du syndicat, le rôle qu’il joue et le bien qu’il peut apporter aux gens.

Cela complique parfois aussi les choses. Il est parfois difficile, lorsque l’on doit quitter son poste de travail parce que l’on est appelé ailleurs en tant que délégué, de faire comprendre aux collègues que l’on ne part pas se promener ! Cette double casquette, ouvrier et délégué, n’est pas toujours facile à porter.

Mais malgré les difficultés il ne faut pas que les gens aient peur de s’engager. On devient délégué par conviction. On a des droits donc il faut les faire appliquer, on se battra toujours pour ça. L’amour du syndicat nous vient aussi de certains anciens qui ont su nous faire partager leur expérience et nous donner envie de nous investir. Les anciens nous ont protégés et nous on protège nos collègues à notre tour.

(Un bonjour à Concetta, Sandrine, Olivier, Pierre, Stéphane et Jacky qui font partie de l’équipe syndicale mais qui n’étaient pas présents lors de l’interview).

Portfolio